L’organisation des funérailles pendant le confinement

La douleur des familles au moment des obsèques trouve habituellement un apaisement naturel dans la réunion, la communion et l’hommage autour du défunt. Elle se confronte aujourd’hui à un malaise du fait des limitations sur le déplacement et le rassemblement des personnes. L’organisation des funérailles n’échappe pas aux mesures de confinement, tout en restant autorisée dans un cadre strict. Explications.

À combien et à qui se limite la cérémonie funéraire ?

« Les funérailles doivent se dérouler dans la stricte limite du cercle des intimes, donc en nombre très réduit et en observant scrupuleusement les gestes barrières. » a expliqué le Ministère de l’intérieur. Concrètement, un rassemblement autour du défunt pour une cérémonie funéraire ne peut dépasser 20 personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur au cimetière.

Les personnes concernées sont les membres très proches de la famille et les desservants de rites funéraires. Elles devront par ailleurs se munir, sans exception, de l’attestation de déplacement dérogatoire, disponible sur le site du ministère de l’Intérieur. Le déplacement sera lié au « motif familial impérieux » comme il est proposé dans le document.

De plus, dans les crématoriums, certaines salles de convivialité ou de recueillement insuffisamment spacieuses n’accueilleront plus de public. Les chambres funéraires, quant à elles ne restent accessibles qu’à la très proche famille.

Se réconforter dans le respect des distances autorisées

Bien que totalement contraire à notre instinct dans ces moments de peine et de désarrois, les gestes de réconforts sont eux aussi soumis aux mesures de sécurité sanitaires, prohibant pour un temps, tout contact. L’obligation de se tenir à une distance minimum d’un mètre de toute personne, interdit de s’embrasser, de poser une main sur l’épaule, de se parler à l’oreille, de se serrer la main.

En cas de décès dû au Covid-19, les mesures sont encore plus restrictives. Elles peuvent aller jusqu’à interdire les soins mortuaires et le contact avec le cercueil. Certains témoignages attestent même d’une défection de proches pour les funérailles de peur de la contamination.

Seuls les paroles et les regards échangés, qui peuvent avoir une puissance évocatrice connue de tous, porteront l’empathie, la compréhension, le partage et la communion des cœurs dans ces instants douloureux.

Le corps du défunt

Le renforcement des mesures de confinement liées à la crise sanitaire ne fait aucun doute. La place dans les hôpitaux et dans les morgues diminue. Le délai pour retirer le corps du défunt peut dans certains départements être réduit de 6 à 3 jours, poussant les familles à prendre des décisions sans avoir eu le temps nécessaire pour s’organiser. Le transfert du cercueil dans un autre pays est rendu très difficile et certaines familles doivent recourir à la crémation plutôt qu’à l’inhumation.

Les Pompes funèbres sont en première ligne. Elles méritent tout notre soutien pour maintenir entière la dignité qu’appellent les cérémonies funéraires.  Elles permettent aux familles de conserver un espace et un temps de recueillement qui les aidera à lutter contre tant de vents contraires. Des conséquences sur les étapes du deuil seront néanmoins inévitables. Un accompagnement psychologique des familles est vivement souhaité pour toutes les personnes qui traversent ces moments de fortes émotions.