Pourquoi choisit-on
une crémation ?

Selon la Fédération Française de Crémation (FFC) qui publie chaque année une étude sur le taux de crémation en France (www.cremation-ffc.fr), 40,26% des obsèques en 2020 ont donné lieu à une crémation, contre 1% en 1980. Cette progression considérable ne devrait pas s’interrompre puisque certaines prévisions font état d’un taux à 50% d’ici quelques années. Quelles sont les raisons qui pourraient justifier une telle progression ?

Privilégiée à ses débuts par certains courants de pensées ou philosophiques, la crémation qui était interdite depuis Charlemagne, n’a été tolérée par l’Eglise catholique qu’en 1963. Dès lors, cette pratique est rentrée petit à petit dans les mœurs. Mais parallèlement, pour insuffler une dynamique plus volontariste, il fallait que le nombre de crématoriums augmente fortement. Si pendant de longues années, un seul équipement était présent par région, on en comptait 199 en 2020 soit plus de 2 par département. Cette offre permet aujourd’hui aux familles, de ne plus effectuer de longs déplacements pour procéder à la crémation de leur proche.

Pour son prix ?

Un autre facteur favorable au développement de la crémation est celui de la saturation des cimetières avec pour corollaire l’augmentation importante des coûts des concessions. A ce sujet, le prix d’une crémation est traditionnellement plus bas que celui d’une inhumation, même si ces dernières années l’écart s’est réduit, et si le coût de l’énergie va encore provoquer ce rétrécissement de l’écart de prix entre les deux modes d’obsèques.

A cause de la religion ?

Brièvement abordée au début de ce texte, la question de la religion est aussi une des raisons du développement de la crémation. Rejetée par les religions juives et musulmanes, elle est parfaitement acceptée par les Protestants et les Bouddhistes. Bien évidemment la tolérance de l’Eglise catholique de 1963 a libéré les initiatives en ôtant aux fidèles le poids de la culpabilité quand ils décidaient de passer outre. Mais c’est surtout la baisse de la pratique religieuse qui a permis la montée en puissance de ce type d’obsèques. En effet, seulement 50% des crémations font l’objet d’une cérémonie religieuse selon la FFC déjà citée. Enfin, la destination des cendres peut aussi favorablement influencer le choix des futurs défunts. Si la religion catholique limite ce choix à l’inhumation de l’urne dans un cimetière, les cendres peuvent avoir davantage de destinations à condition de respecter la règlementation : dispersion dans des lieux chers au défunt, dispersion au jardin du souvenir, etc…

Par conviction écologique ?

Bien que plus controversée, la dimension écologique ne doit pas non plus être écartée. Décriée par certains qui jugent négativement les fumées qui s’échappent du crématorium, elle est louée par d’autres car elle évite la pollution des sols et des nappes phréatiques causée pendant les 5 années nécessaires à la décomposition d’un corps.

Quelles que soient les motivations ou croyances qui poussent près de la moitié de nos concitoyens à opter pour la crémation, celle-ci est désormais rentrée à part entière dans les pratiques funéraires. Elle pourrait être dans l’avenir concurrencée par d’autres modes d’obsèques comme l’aquamation (crémation sans combustion), l’humusation (transformation en compost naturel), etc.