Faire face à une surmortalité

Que désigne-t-on par surmortalité ?

Chaque pays comptabilise les décès survenus sur son territoire pendant une année. On peut ainsi connaître le nombre de personnes décédées par rapport à la population entière d’un pays. C’est ce que l’on désigne par « taux de mortalité ». Lorsque ce taux est supérieur à la normale, c’est-à-dire à son niveau des années précédentes, on parle de surmortalité. La surmortalité est donc une quantité statistique que l’on peut associer à un évènement ou à un facteur particulier. Par exemple, on dira qu’il existe une surmortalité due à la pollution pour indiquer que l’état de l’air est la cause d’un nombre de décès anormalement élevé dans une tranche d’âge de la population.

Exemple récent et actuel de surmortalité

Au cours des 20 dernières années, deux évènements en particulier ont été à l’origine de surmortalités. La canicule de 2003 qui a principalement atteint l’Europe, et la crise sanitaire actuelle due au coronavirus qui touche avec de grandes disparités l’ensemble de la population mondiale. L’augmentation anormale du nombre de décès nous renseigne sur l’impact du facteur de surmortalité et sur la variation du nombre de victimes en fonction de leur âge, sexe, situation géographique, etc. Ces analyses s’effectuent pendant la période de surmortalité mais également après, pour détecter les signes d’une surmortalité persistante, conséquence d’une potentielle fragilisation de la population. 

Faire face à une surmortalité est l’affaire de tous

Certains facteurs de surmortalité sont connus, sans être pour autant forcément prévisibles quant à la chronologie de leur apparition. D’autres sont plus rarement le produit d’une conjonction de phénomènes qui échappe totalement à notre connaissance. Les moyens de faire face à une surmortalité ne sont donc pas à chercher dans une boule de cristal. Ils émergent plutôt de décisions politiques engageant la mobilisation des forces vives d’une société. En priorité au niveau des professions dites « en première ligne », mais également à l’échelle de tous les citoyens, pour la mise en œuvre d’une attention mutuelle soutenue qui se traduit par de la solidarité et de la responsabilité.

Les couleurs de la mobilisation

Au cours de l’année 2020, mais déjà lors de la canicule de 2003, les Français ont pris connaissance des mesures gouvernementales pour faire face à ces crises sanitaires, causes de surmortalité. Les expressions telles « Plan blanc » ou « Plan bleu », ont annoncé la mobilisation des professionnels de santé dans les hôpitaux (blanc) ou en EHPAD (bleu). Le plan blanc a été initié dès 1988 mais n’est inscrit dans la loi que depuis 2004. C’est un dispositif de crise pour « mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont disposent les établissements de santé en cas d’afflux de patients, ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle », comme le rappelait le ministère de la Santé. Le plan bleu, apparu après la canicule de 2003, répond au même besoin, et se concentre sur la population la plus fragile et la plus à risque, celle des personnes âgées.

Un autre visage de la surmortalité

La mention de « première ligne » a pu galvaniser les personnels de santé mis à rude épreuve lors des crises sanitaires. Malheureusement, toutes les vies menacées ne peuvent être sauvées, et c’est la raison de la surmortalité. D’autres professionnels prennent alors le relai pour accueillir d’autres exigences, non moins accablantes, du fait du nombre anormal de décès. Ces professionnels sont-ils en première ou en dernière ligne ? Est-ce vraiment l’essentiel ? Nul n’ignore qu’il existe des hommes et des femmes dévoués à cet ultime moment de dignité, avec lequel chacun a le droit saluer une dernière fois les siens. Il a été interdit, sous l’effet des mesures sanitaires qu’il fallait à tout prix imposer à contre-cœur aux familles. Il n’est pas de mort qui ne s’accompagne d’un sentiment d’injustice. La crise actuelle l’accroît pour chaque famille et il faut en atténuer la douleur. C’est là un autre visage de la surmortalité.