Dire « au revoir » différemment

Les personnels funéraires sont les témoins quotidiens du désarroi et du drame que connaissent les familles souhaitant organiser une cérémonie funéraire en ces temps de confinement. Le cas d’un décès dû à la maladie du covid-19 jette encore plus de trouble chez les proches du défunt mais aussi chez les opérateurs. Des mesures tout d’abord strictes et respectueuses des règles sanitaires avaient été énoncées avant d’être contredites par l’avis du HCSP (Haut Conseil de la santé publique) le 24 mars. L’ensemble de la profession funéraire s’y était opposé dans un communiqué signé des 3 grandes fédérations en France.

Les règles à appliquer

C’est avec le sentiment d’avoir été entendus, que les personnels funéraires ont pris connaissance du Décret n° 2020-384 du 1er avril 2020, appliquant une plus grande sécurité sanitaire aux règles funéraires autour des défunts touchés par le covid-19.

Défunt atteint ou suspecté de covid-19 :

  • Ne plus pratiquer de toilette mortuaire sur les corps : « laver, maquiller, habiller, fermer la bouche et les yeux du défunt, rituelle ou non »
  • La mise en bière immédiate du corps est obligatoire.

Quelle que soit la cause du décès :

  • Ne plus pratiquer de soins de conservations invasifs comme l’embaumement ou les soins de thanatopraxie.

La raison l’emporte mais l’émotion des familles est respectée

Avec ce décret, les familles sont désormais privées de la possibilité de voir ou d’approcher le défunt avant la fermeture définitive du cercueil. Au choc émotionnel s’ajoute celui de l’incompréhension et du sentiment d’injustice. Les personnels funéraires peuvent en attester au quotidien, mais proposent le meilleur accompagnement possible et mettent tout leur savoir-faire au service des familles endeuillées. En première ligne des épreuves inédites que traversent une partie de la population, les partenaires funéraires de MUTAC se mobilisent héroïquement dans des conditions qu’elles subissent au même titre que les familles. Souhaitons que le respect de leur droits, acquis après leur communiqué adressé au premier ministre, leur donne un surplus de courage pour maintenir leur mobilisation essentielle et permettre aux proches de dire « au revoir » mais différemment.