A 53 ans, Isabelle, responsable communication chez un opérateur de télécom, mariée et mère de trois grands fils, a conservé tout son entrain. « Je n’ai pas vécu avec angoisse le passage à mes 50 ans, raconte-t-elle. Je sais qu’à mon âge il est bon d’entretenir sa forme, mais m’enfermer dans une salle de gym m’ennuie, alors je marche beaucoup au quotidien. Je fais aussi du théâtre dans une troupe d’amateurs. Avant chaque répétition, nous faisons de l’échauffement du corps et de la voix. »
Souhaitable à tout âge, une bonne hygiène de vie prend encore plus d’importance à la cinquantaine. Avec trois composantes essentielles : alimentation saine, activités physiques et sommeil. « En privilégiant fruits, légumes et poissons, j’utilise le plus possible de produits alimentaires bio, explique Isabelle. Le sommeil est aussi très important. J’ai la chance de n’avoir jamais d’insomnie… sauf si l’un de mes fils n’est toujours pas rentré au milieu de la nuit ! »
Conserver ses bonnes habitudes
Même si elle n’a plus besoin de contraception, Isabelle ajoute qu’elle conserve ses bonnes habitudes en allant voir régulièrement sa gynécologue. Celle-ci lui prescrit un frottis et une mammographie tous les deux ans.
Pour leur santé, les hommes sont souvent plus insouciants que les femmes, préoccupées par la ménopause. « Attention, car vers 50 ans on devient plus fragile, quel que soit son sexe, avertit le Dr Christian Laurent, généraliste parisien. Pour prévenir les maladies, je conseille de faire réaliser des examens sur les facteurs de risque (taux de cholestérol, dosage du PSA(1)…), de surveiller sa tension artérielle et de faire dépister les cancers les plus fréquents : côlon, prostate, poumon, sein et col de l’utérus. »
Mais la santé physique n’est pas suffisante pour se sentir bien dans sa peau. Le psychisme doit aussi quelquefois faire l’objet d’un bilan. Pour Christian Ballouard, vice-président de la Fédération française des psychologues et de psychologie, le seuil des 50 ans est « une sorte d’entre-deux intéressant qui nous apporte les vertus de la sérénité. On profite de la vie et on la prend comme elle vient. D’autant mieux que l’on s’en sent vraiment acteur. »
Certains quinquagénaires connaissent une période délicate au travail : « placardisation », harcèlement, chômage… C’est parfois l’occasion de rebondir et de s’épanouir dans une nouvelle vie professionnelle. Ainsi, Martine, 55 ans, ex-technicienne en assurances, est devenue conteuse ! « Le conte est un espace de liberté, tu racontes ce que tu veux, avec les mots que tu veux… A une condition : le respect de l’histoire ! », s’exclame-t-elle, les yeux brillants.
Attention aux faux bons plans !
A la cinquantaine, il n’est pas trop tôt pour commencer à penser à la retraite : de quelles ressources disposerai-je ? quelles activités entreprendre ou retrouver ? où vivre ? Attention aux faux bons plans ! A 48 ans, lors d’une période de chômage, Natalia, célibataire libre comme l’air et éprise de nature, saute le pas. Elle quitte définitivement la région parisienne pour s’installer et chercher un emploi dans le Lot, bien décidée à y rester une fois sa carrière professionnelle terminée. Elle doit bientôt se rendre à l’évidence : « Mon vieux moulin est trop isolé, je ne pourrai pas y rester plus tard… », soupire-t-elle. Elle cherche désormais un studio à Toulouse.
A l’heure de ce bilan de vie, deux écueils sont à éviter : vivre dans le passé en regrettant les bons moments et ruminer ses échecs. C’est désastreux pour l’humeur et les aigris font le vide autour d’eux. « Ceux qui passent mal ce cap de maturation ont aussi des problèmes avec les autres seuils, passés et à venir », constate Christian Ballouard.
La maison est enfin payée ? Vos grands enfants volent de leurs propres ailes ? N’hésitez pas, envolez-vous à votre tour ! Seul, en couple ou avec des amis, c’est le bon moment pour réaliser vos rêves, comme par exemple un voyage lointain que vous ne pourrez peut-être pas faire plus tard.
Enfin, c’est souvent vers 50 ans que l’on accueille ses premiers petits-enfants. C’est un grand bonheur de leur consacrer du temps et de les voir grandir, sans les inconvénients ni la responsabilité d’éducateur !
Nadine Allain
(1) Prostate Specific Antigen : antigène prostatique spécifique. Le dosage de son taux sanguin est utilisé pour le diagnostic ou le suivi du cancer de la prostate.