Plus de 130 personnes se sont rejointes à Champfleury pour parler de ce sujet décidément tabou, la mort. Ils ont contribués à une conférence passionnante.
Chacun des conférenciers a pu exposer son point de vue. Macha Béranger tout d’abord, qui a partagé son expérience avec le public. Comme l’a qualifiée la présidente Andrée Barboteu lors de son discours d’ouverture, cette « Dame de cœur » a raconté comment elle a participé à libérer la parole sur le sujet, par l’intermédiaire de son émission de radio, tardive. En effet, les auditeurs lui confiaient notamment leur désarroi face à la mort d’un de leurs proches.
Ensuite, François Michaud Nérard, directeur des Services Funéraires de la ville de Paris, est venu éclairer l’assistance sur l’aspect sociologique du sujet. Il a exposé sa vision de l’évolution de la mort au fil des années. Il a remarqué un changement net entre le début du siècle dernier et aujourd’hui, dû à une perte de repères religieux et de rites tels que le port de vêtements propres au deuil ou le revêtement de tentures. Mais il explique également ce changement par les progrès de la médecine, on meurt de plus en plus vieux, une mort qu’on essaie de maîtriser. En s’appuyant sur différents sondages, il a également noté qu’aujourd’hui, les gens choisissent majoritairement de prévoir leurs obsèques pour ne pas être un poids pour leurs enfants.
Ensuite vint le moment de l’approche philosophique du sujet par André Comte-Sponville, grand philosophe de renom. Il a déclaré que si sociologiquement la mort est un tabou, philosophiquement, elle ne l’a jamais été. Philosopher, c’est apprendre à mourir et donc, à vivre. Il a appuyé les arguments de François Michaud Nérard tout en précisant que « l’on meurt exactement autant qu’avant ». De préciser aussi que devant ce recul considérable de la religion, « la mort est enfin vraiment devenue la mort », si bien que l’on n’a pas réellement envie d’y penser tous les jours. En revanche, penser à la mort, rappelle-t-il, permet de mieux apprécier chaque instant de la vie.
La conférence a laissé place à un large débat, très animé, chacun y allant de ses arguments, sans toujours abonder dans le sens des conférenciers.
Enfin, Bernard Saguy, directeur général de Mutac, a conclu cette conférence-débat en étant convaincu de son bien fondé et heureux d’avoir pu lever ce tabou durant quelques heures.